Le quart d'heure

{Journal de bord d'une infirmière libérale}

Les autres collègues

Il va de soit, que lorsque vous vous installez en libéral, les autres infirmières déjà installées sur le secteur vous scrutent, vous observent, et… vous maudissent parfois intérieurement. Une nouvelle installation n’est jamais vraiment bien perçue. Et oui, vous découvrez à cet instant l’aspect commercial du libéral, et l’enjeu de la concurrence qui en découle. Une coutume veut que l’on se présente in visu aux autres collègues. Ah bon ? Je téléphone alors à un gros cabinet d’infirmières, elles sont 6, et demande à passer les voir pour faire les présentations. Quelle n’est pas la réponse de cette infirmière :  » je n’ai pas le temps et de toute façon vous auriez dû me prévenir de votre installation, car nous sommes déjà nombreuses sur la ville… », oups, j’ai failli m’étrangler, elle ne manque pas de toupet celle-là ! Je prends l’annuaire et je téléphone à un autre cabinet, silence, personne répond, je laisse un message en précisant mes coordonnées. Je téléphone ensuite à trois autres infirmières, et là, pareil, accueil glacial et peu engageant, « vous travaillez seule ? ouh là cela va être difficile pour vous, et puis le secteur est saturé, en tout cas bon courage car ça va pas être facile », je raccoche et là je ravale ma salive, ça me coupe mon énergie, je suis abasourdie de ce manque de diplomatie à mon égard. Que cela tienne, je vais dorénavant prévenir tous les professionnels de la santé (libéraux) de mon installation par courrier.

Aujourd’hui il m’arrive de croiser quelques collègues, avec certaines, on se dit bonjour, avec d’autres, on s’ignore,  puis chacun repart dans ses tournées. Nous travaillons seul(e)s dans notre coin, cet isolement professionnel est omniprésent, il faut l’accepter et vivre avec. Heureusement, que j’ai une collègue sur une ville avoisinante, elle aussi est infirmière libérale, on se soutient mutuellement, on s’échange des informations sur les nouveaux traitements, on vide parfois notre sac sur les prises en charges difficiles.

Lorsque ma collaboratrice m’a rejoint au bout de 9 mois de travail non-stop, ce fut un soulagement de travailler en binôme, et de re-découvrir le sens du partage et du dialogue.

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